l’éthique est-elle soluble dans l’emploi ?
Par Sylvie HUILLET le dimanche 8 juillet 2007, 07:11 - Humeur des jours - Lien permanent
A quelques rares exceptions près, enfant, nous avons toutes et tous rêvé d’un « métier noble » : docteur, aventurier, chanteuse, pompier, princesse, mannequin, etc.… Un job fournisseur de bonheur ou sauveur de gens, qui accessoirement puisse rapporter beaucoup d’agent, mais surtout qui fasse de nous « quelqu’un de bien ».
A quelques rares exceptions près, enfant, nous avons toutes et tous rêvé d’un « métier noble » : docteur, aventurier, chanteuse, pompier, princesse, mannequin, etc.… Un job fournisseur de bonheur ou sauveur de gens, qui accessoirement puisse rapporter beaucoup d’agent, mais surtout qui fasse de nous « quelqu’un de bien ».
Et nous avons grandi. Certains sont devenus docteurs, pompiers, chanteuse, etc.…mais globalement nous sommes plutôt comptables, commerciaux, secrétaires, ouvriers de production, serveurs, femmes de ménage, et parfois même responsables de quelque chose.
Et puis un jour, dans notre job, nous avons rencontré la dissonance. Nous avons eu à dire, ou à faire, quelque chose qui ne nous semblait pas tout à fait conforme à nos valeurs, à notre morale, à notre éthique. Sans que ce soit pour autant illégal. Nous avons eu le choix : ne pas dire, ne pas faire, et prendre le risque de se retrouver sur la touche voire plus sur décision de l’arbitre ; ou bien dire, faire et prendre le risque de ne plus être tout à fait ce « quelqu’un de bien » que nous pensions être devenu.
Et puis un autre jour, nous sommes devenus des « salariés en transition professionnelle », bref des chômeurs. Et nous avons postulé tout azimut afin d’écourter au plus vite cette phase de transition. Et là encore, la dissonance est venue frapper à la porte. Oh ! la jolie société qui prend la mer pour une poubelle, Oh ! la belle entreprise qui fabrique des vraies armes avec des vraies balles qui tuent. Ah ! un des leaders de son secteur qui presse ses collaborateurs comme des citrons. Et celles-ci là bas qui délocalisent à tour de bras Oh ! Ah !
Alors bien sûr, nous avons le choix de ne retenir que celles qui concilient efficacement rentabilité économique, responsabilité sociale et développement durable. Sauf que cela restreint quelque peu nos choix, et risque fort d’allonger la durée de notre « transition ».
Agir en conformité avec notre éthique, nous permet d’être fier de l’image que nous renvoie le miroir. Mais quand il s’agit de choisir entre une éthique et un emploi (à trouver ou à conserver) le miroir ne nous aide pas beaucoup. Parce que ce n’est pas l’éthique qui paye le loyer et les courses au supermarché, c’est l’emploi. Et comme on ne peut pas vivre en permanence écartelé entre ses actes et ses pensées, on change d’éthique, on rationalise, bref on réduit sa dissonance.
Que celle ou celui qui n’a jamais dissoné nous jette l’ultime pierre…
Commentaires
Comme je comprend le conflit qui est en vous...
Ce sentiment fort et délectable qui me conforte à penser que je suis différent des autres, avec une sensibilité bien à moi, des idées des principes que j'ai construis tout au long de ma vie, une ligne de conduite que je dois suivre afin de montrer l'exemple aussi,...mais la vie n'est pas toujours le théatre de nos propres idées, elle est aussi celui des idées de TOUS et encore aujourd'hui l'idée du plus fort est aussi la meilleure...alors oui nous avons le choix...mais ce n'est plus le choix de nos idées mais un choix forcé par les besoins que nous nous sommes crées en tant "qu'homme survivants", comme vous l'exprimez très bien...
Merci pour ce rappel d'humilité
Bien à vous,
Christian
PS : la valeur de vos expériences devrait vite vous permettre de retrouver du travail à votre hauteur...j'en suis persuadé.