Merci tout d’abord, à ceux qui ont réagi au billet « E viva l’emploi de Nicolas ». Pour apporter, ma petite réflexion, plutôt qu’un commentaire, j’ai choisi un billet complémentaire.

Si j’ai bien compris l’idée de base du projet, le dynamisme et la confiance devrait permettre de relancer la croissance, et par ricochet l’emploi. Dont acte et pourquoi pas. En revanche, dans cette lettre de mission, il y a certaines associations qui, comme dirait l’autre « m’interpelle quelque part ». Nicolas nous dit (entre autre) :

- « Si notre croissance est si faible, c'est parce que nous ne travaillons pas assez. » Pour rejoindre le commentaire de Guillaume, tous ceux qui vont accepter de faire des heures supplémentaires (si on le leur propose, c’est à dire si leur entreprise en a le besoin) vont donc gagner « net » un peu plus qu’aujourd’hui. Mais ce gain supplémentaire profitera-t-il à l’économie française, et donc à l’emploi ? Oui à condition que j’achète français et ça c’est pas gagné du tout au vu des prix des produits « made in France ».

- « Si les salaires sont si bas, c'est parce que le taux de chômage est élevé. » Allez, on va imaginer que demain le taux de chômage des caissières et des agents de production, frôle le 0%. Cela entraînera-t-il une hausse de leurs salaires ? Pas si sûr, car si dans leurs politiques de rémunération, les entreprises intègrent la facilité qu’un collaborateur a de passer à la concurrence, elles prennent surtout en compte le coût du salarié dans le prix du produit ou du service, et sa « valeur ajoutée ». Or, face à la concurrence mondiale, le prix des produits et des services doit être le plus bas possible. Par ailleurs, la grande majorité des collaborateurs sont « interchangeables » donc avec une « valeur ajoutée » faible. J’ai donc un peu da mal à croire que pour bon nombre d’entre nous la diminution du chômage puisse avoir un effet bénéfique sur nos salaires.

Nicolas nous propose aussi :

- « Défiscalisation du travail étudiant et augmentation, plutôt que réduction, des bourses pour les étudiants qui travaillent ; autorisation de cumul emploi retraite » Je n’ai rien contre ceux qui travaillent pour payer leurs études ou compléter une retraite misérable, mais sachant qu’on a déjà du mal à « caser » les actifs, je me demande si une revalorisation des bourses étudiantes et du minimum vieillesse ne serait pas plus pertinente ?

- « Suppression progressive de la dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs seniors » Est-ce que cela suffira pour faire changer les mentalités, et permettre aux « quinqua et plus » d’accéder à l’emploi ?

- « Fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC, création d'un grand service public de l'emploi capable d'aider les chômeurs à retrouver un travail beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui. Sur le modèle des new deals mis en oeuvre en Grande-Bretagne… » Va pour piquer les bonnes idées ailleurs, même si, de mon point de vue, la Grande Bretagne est loin d’être un modèle sur le plan social. Favoriser un retour à l’emploi plus rapide, j’achète ! Mais à quelles conditions pour les chômeurs et avec quels moyens pour le « service public de l’emploi » ? J’ai des craintes !

Bon, quoi qu’il en soit, on est parti pour 5 ans alors qui (sur)vivra verra…

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