L’emploi de Nicolas suite
Par Sylvie HUILLET le jeudi 2 août 2007, 13:50 - emploi - Lien permanent
Merci tout d’abord, à ceux qui ont réagi au billet « E viva l’emploi de Nicolas ». Pour apporter, ma petite réflexion, plutôt qu’un commentaire, j’ai choisi un billet complémentaire.
Merci tout d’abord, à ceux qui ont réagi au billet « E viva l’emploi de Nicolas ». Pour apporter, ma petite réflexion, plutôt qu’un commentaire, j’ai choisi un billet complémentaire.
Si j’ai bien compris l’idée de base du projet, le dynamisme et la confiance devrait permettre de relancer la croissance, et par ricochet l’emploi. Dont acte et pourquoi pas. En revanche, dans cette lettre de mission, il y a certaines associations qui, comme dirait l’autre « m’interpelle quelque part ». Nicolas nous dit (entre autre) :
- « Si notre croissance est si faible, c'est parce que nous ne travaillons pas assez. » Pour rejoindre le commentaire de Guillaume, tous ceux qui vont accepter de faire des heures supplémentaires (si on le leur propose, c’est à dire si leur entreprise en a le besoin) vont donc gagner « net » un peu plus qu’aujourd’hui. Mais ce gain supplémentaire profitera-t-il à l’économie française, et donc à l’emploi ? Oui à condition que j’achète français et ça c’est pas gagné du tout au vu des prix des produits « made in France ».
- « Si les salaires sont si bas, c'est parce que le taux de chômage est élevé. » Allez, on va imaginer que demain le taux de chômage des caissières et des agents de production, frôle le 0%. Cela entraînera-t-il une hausse de leurs salaires ? Pas si sûr, car si dans leurs politiques de rémunération, les entreprises intègrent la facilité qu’un collaborateur a de passer à la concurrence, elles prennent surtout en compte le coût du salarié dans le prix du produit ou du service, et sa « valeur ajoutée ». Or, face à la concurrence mondiale, le prix des produits et des services doit être le plus bas possible. Par ailleurs, la grande majorité des collaborateurs sont « interchangeables » donc avec une « valeur ajoutée » faible. J’ai donc un peu da mal à croire que pour bon nombre d’entre nous la diminution du chômage puisse avoir un effet bénéfique sur nos salaires.
Nicolas nous propose aussi :
- « Défiscalisation du travail étudiant et augmentation, plutôt que réduction, des bourses pour les étudiants qui travaillent ; autorisation de cumul emploi retraite » Je n’ai rien contre ceux qui travaillent pour payer leurs études ou compléter une retraite misérable, mais sachant qu’on a déjà du mal à « caser » les actifs, je me demande si une revalorisation des bourses étudiantes et du minimum vieillesse ne serait pas plus pertinente ?
- « Suppression progressive de la dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs seniors » Est-ce que cela suffira pour faire changer les mentalités, et permettre aux « quinqua et plus » d’accéder à l’emploi ?
- « Fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC, création d'un grand service public de l'emploi capable d'aider les chômeurs à retrouver un travail beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui. Sur le modèle des new deals mis en oeuvre en Grande-Bretagne… » Va pour piquer les bonnes idées ailleurs, même si, de mon point de vue, la Grande Bretagne est loin d’être un modèle sur le plan social. Favoriser un retour à l’emploi plus rapide, j’achète ! Mais à quelles conditions pour les chômeurs et avec quels moyens pour le « service public de l’emploi » ? J’ai des craintes !
Bon, quoi qu’il en soit, on est parti pour 5 ans alors qui (sur)vivra verra…
Commentaires
- « Si notre croissance est si faible, c'est parce que nous ne travaillons pas assez. » il me semble beaucoup plus honnète de proposer A CEUX QUI LE VEULENT UNIQUEMENT de travailler plus, plutôt que d'imposer les 35 heures à tout un pays sans discussions possible....
- "« Si les salaires sont si bas, c'est parce que le taux de chômage est élevé. » Allez, on va imaginer que demain le taux de chômage des caissières et des agents de production, frôle le 0%. Cela entraînera-t-il une hausse de leurs salaires ? " Imaginons que demain le taux de chômage de notre pays tout entier et toutes catégories professionnelles confondus soit de 90% cela entrainera t il une hausse de salaire ?
- « Défiscalisation du travail étudiant et augmentation, plutôt que réduction, des bourses pour les étudiants qui travaillent ; autorisation de cumul emploi retraite »
Allez donc dire aux étudiants qui ont du mal à se loger pour étudier que cette réforme n'est pas bonne pour eux, ils sont d'accord à l'hunanimité sur cette réforme, IDEM pour les retraités qui souvent touchent une misère de retraite et à qui l'on refuse d'avoir un complément de retraite par le travail sous pretexte qu'ils sont OUT OF ORDER, alors une revalorisation des bourses étudiantes est prévue aussi par Nicolas, cela doit vous satisfaire Quand au minimum vieillesse on arrive déjà pas à payer les retraites, vous voulez créer un nouvel impôt ?
- « Suppression progressive de la dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs seniors » Est-ce que cela suffira pour faire changer les mentalités, et permettre aux « quinqua et plus » d’accéder à l’emploi ?
On peut se poser la question, mais il vaut mieux un gouvernement qui agit plutôt que de contempler des énarques dubitatifs et inactifs...comme cela a été le cas depuis bien trop longtemps...
- « Fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC" un seul But, un seul interlocuteur, j'avoue que moi...ça me va bien...quand à la G B, loin de moi l'idée de les adorer, ils nous ont envahie et pendant des décennies pour en fin de compte nous bruler notre Jeanne d'Arc et assasiner notre Napoléon Bonaparte, ils ont voulu nous empoisonner avec leur Vaches contaminées etc ....mais on ne peut pas leur enlever leur côté pragmatique...
Bon, quoi qu’il en soit, ce gouvernement peut succiter le doute dans les actions à venir, mais au même titre que tous les autres gouvernements que l'on a vu défiler d'ailleurs, qu'ils soient de droite comme de gauche. Cette fois ci, c'est le bon sens et la bonne volonté qui semble primer...tant mieux pour nos enfants
NO COMMENT
A moi aussi il y a quelques trucs qui me chiffonnent:
J'ai l'impression que l'attitude actuelle des dirigeants se calque beaucoup sur le système américain.
Faire un copier/coller avec les idées des autres, ça marche pas forcément...
Il y a aussi la volonté quelque part de prendre des mesures rapides...Mais tout n'est pas aussi simple en politique et en économie...J'ai l'impression que l'on fonce tête baissée...
"Cette fois ci, c'est le bon sens et la bonne volonté qui semble primer"...Ah bon? Je n'ai pas cette impression...l'histoire du "karcher" et de "la racaille à nettoyer", je ne l'ai pas oubliée...
Je demande à voir ce que cette politique va donner...
quoi qu'on puisse penser de ce gouvernement et de ceux qui s'y trouvent pour y faire on ne sait trop quoi, il (ce gouvernement et ceux qui s'y trouvent ....) a le mérite de susciter le débat!
si chacun se pose, ne serait-ce qu'une ou des questions, c'est le début de quelque chose, non?
on verra ensuite... merci Nico...heuuuuhhh : j'ai aussi des craintes ma Sylvie!!!
Merci à chacun (et un merci ++ à toi ma Wawa) pour vos commentaires.
C’est je crois une bonne chose de ne pas être tous d’accord sur des sujets aussi « chaud » que l’emploi et les salaires. Comme le dit Wawa ça suscite le débat, l’échange. Et l’échange c’est au final une grande source d’enrichissement pour tous. Même si parfois nos propos (les miens également) sont empreints d’une certaine …disons…vivacité ;)
Pour revenir sur le sujet, et en lien avec le commentaire de Christian, si on peut avoir des divergences d’opinions avec Nicolas Sarkozy et son gouvernement, voire pour certains d’entre-nous des craintes, on peut au moins lui accorder le bénéfice d’une dynamique de l’action à laquelle les gouvernements qui se sont succédés depuis de nombreuses années ne nous ont pas habitués.
Toujours en lien avec le sujet, je vous engage à lire l’article de Bernard Brunhes, paru dans Le Monde du 02/08/07 (en pièce jointe) , au sujet de la fusion ANPE/UNEDIC, et de l’accompagnement des chômeurs.
"Si notre croissance est faible c'est que nous ne travaillons pas assez"
La croissance n'est pas calculée sur la production (schématiquement) mais plutôt sur la vente. Si une entreprise vend beaucoup, elle va beaucoup produire. Si elle produit beaucoup mais qu'elle ne vend rien, je doute que sa croissance ne soit forte. Quand on voit le déficit commercial de la France et où sont réalisés les profits des grandes entreprises, on peut affirmer que ce n'est pas en travaillant plus que l'on gagnera plus, mais en vendant plus...
- Si les salaires sont si bas c'est que le chômage est élevé.
) va diminuer, car les gens ne vont pas rester longtemps dans un emploi sous payé si à côté ils peuvent trouver mieux... En revanche cela rejoint la volonté de faire travailler les étudiants (40% de risque d'échec en plus quand on travail en faisant ses études) et les personnes à la retraite( après 45 ans à couler du béton, vous vous voyez en train de bosser au mc Do ou de distribuer les journaux?)
Comme dit plus haut, ce n'est pas en diminuant le nombre de chômeur que les prix augmenteront, en revanche, la durée des personnes sur des postes de caissière (par exemple sachant que c'est un poste qui ne souffre d'aucune concurrence internationale (sauf à payer ses courses en chine...
- Fusion ANPE/ASEDIC: Pourquoi pas à condition que comme son nom l'indique, cela aboutisse à un vrai service destiné au public (nous, vous, la population en générale) et non à jouer à la Barbie avec les chiffres du chômage. Notre président étant un spécialiste des objectifs, pourquoi ne fixe t il pas à l'ANPE (ou ce qui va en sortir) d'être à l'origine de la signature de 50% des contrats en France (à peine 25-30% je crois aujourd'hui)?