Ce billet s’adresse autant aux accrocs des « Fumer tue », comprenez les fumeurs, qu’aux adeptes d’un monde sans tabac.

Il est interdit depuis la loi Evin de 1991, de fumer dans les lieux publics, et donc dans les locaux professionnels. Mais les habitudes ayant la vie dure, il a fallu un cortège de mesures supplémentaires cette année, pour remiser les fumeurs au placard, ou plus exactement, dans les fumoirs aménagés, ou sur les trottoirs d’en face.

Ancienne accroc, j’ai expérimenté le sevrage pendant 10 ans, puis repris mon paquet avec délice depuis 5 ans. J’ai d’abord été une fumeuse casse-pied du style « j’ai tout les droits », puis une convertie encore plus casse-c…(si je me prive de ce plaisir autant emm…les autres…), pour enfin trouver une relative harmonie (je m’adonne avec délectation à mon vice sans pour autant polluer ceux que ça gêne).

Jusqu’à présent, j’ai toujours pu concilier clop et boulot sans trop de difficulté. Mais tout récemment, à l’occasion d’une mission d’intérim, il m’a fallu intégrer mes pauses « Fumer tue » dans le « quart d’heure de pause journalière non payé » que chaque salarié pouvait utiliser à sa convenance. Et encore, j’ai eu de la chance, puisque nous disposions d’une petite cour intérieure pour satisfaire nos besoins sans trop perdre de temps.

Loin de moi l’idée de faire l’apologie du tabac, ni d’encenser les non-fumeurs, mais il me semble que les lois de 2007, ne sont pas de nature à faciliter une cohabitation harmonieuse d’individus naturellement différents.

Si les non fumeurs ont le droit de ne pas se faire enfumer par leurs collègues tabateux, quel droit reste-t-il aux fumeurs ? Les contraintes d’aménagement de « salles fumeurs » sont telles, que les entreprises renoncent bien souvent. Les « Fumer-tue » n’ont donc plus que deux solutions : - l’abstinence qui relève du cauchemar, et réduit très vite leur capacité de concentration, leur convivialité et au bout du compte leur efficacité. - les pauses multiples, pas toujours bien tolérées, et souvent non rémunérées qui au bout du compte génèrent un sentiment de culpabilité-injustice-frustration-colère-etc…

Il me semble que l’on gagnerait à trouver des solutions de compromis qui garantissent la liberté de chacun, sans la gêne des autres. D’autant qu’en 2008, ça devrait se corser encore un peu plus, avec l’interdiction dans les hôtels, restaurants, cafés et autres tabacs.

Et vous qu’en pensez-vous ? Comment le vivez vous sur votre lieu de travail ? A vos commentaires…